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Intervention de M. Dobrindt, président du groupe de Land de la CSU au Bundestag allemand, le 22 janvier 2018 à Berlin

Monsieur Alexander Dobrindt (CDU/CSU) :

Monsieur le Président du Bundestag Wolfgang Schäuble, Monsieur le Président de l’Assemblée nationale François de Rugy, chers collègues, l’Allemagne et la France sont le cœur battant de l’Europe, et au cœur même de leur amitié, de notre amitié, il y a le Traité de l’Élysée. Après des guerres effroyables, le premier Traité d’amitié franco-allemand fut un véritable tournant. Les ennemis héréditaires devinrent des partenaires, des amis et des pionniers de ce qui allait être le plus grand acquis de l’époque contemporaine : l’Union européenne.

Le Traité de l’Élysée a réuni nos deux peuples, il a conjugué nos forces dans les domaines de l’économie, de la défense et de l’administration, il a engendré un échange intense entre nos deux sociétés. En réaffirmant et en renouvelant ce Traité aujourd’hui, nous envoyons un signal fort, qui montre que l’amitié franco-allemande est bien vivante. Son cœur bat au Bundestag allemand, il bat à l’Assemblée nationale.

Chers collègues, je ne peux vous dire qu’une chose : ceux qui mettent cela en doute, Monsieur Gauland, ne font que confirmer qu’il leur manque la nécessaire gravité pour un tel débat, qu’il leur manque la décence pour être à la hauteur de ce moment important dans l’histoire de nos parlements.

Permettez-moi d’affirmer que le Traité de l’Élysée n’a pas été et n’est pas le précurseur d’un quelconque État-nation européen. Il est un instrument qui reconnaît solennellement l’amitié de deux États-nations, la souveraineté de nos pays, dans la paix et dans la liberté – hier comme aujourd’hui.

Je peux vous l’assurer : en dépit de vos intentions les meilleures, nous n’avons pas besoin de leçon de rattrapage sur l’héritage d’Adenauer et de Gaulle. Nous n’en avons pas besoin. Nous, nous nous battons pour une Europe pacifique des patries et des régions. Vous, vous voulez revenir à un nationalisme étriqué et au repli sur soi. C’est le contraire de ce que de Gaulle et Adenauer voulaient.

Charles de Gaulle a un jour offert à Konrad Adenauer une photographie d’eux deux, sur laquelle il avait écrit cette dédicace : vive l’union franco-allemande. – Konrad Adenauer montra ensuite la photo à Franz Josef Strauss en lui disant : Monsieur Strauss, voilà votre mission. Je ne pourrai plus vivre ce moment et je n’arriverai plus à réaliser l’union franco-allemande. Je vous confie cette tâche.

Avec beaucoup d’autres, Franz Josef Strauss recueillit cet héritage et, sa vie durant, il se battit pour rapprocher l’Allemagne et la France, car il savait pertinemment que ce n’est qu’ensemble que l’Allemagne et la France ont un avenir solide. Aujourd’hui encore, rien n’a modifié ce constat. Ne ne pouvons en effet réussir que si Allemands et Français se connaissent et se comprennent, font bloc et collaborent, agissent ensemble politiquement et travaillent les uns avec les autres économiquement.

Quant à l’apparence concrète que cela peut prendre, nous l’avons montrée à maintes reprises, notamment avec le grand projet Airbus. Seuls, ni des constructeurs aéronautiques allemands ni des constructeurs aéronautiques français n’auraient la moindre chance sur le marché mondial. Ensemble, nous avons créé un champion européen. Beaucoup, à l’époque, étaient d’ailleurs sceptiques : on avait parlé d’un gouffre à milliards et d’un projet de prestige sans avenir. Aujourd’hui, Airbus est, avec Boeing, le plus grand constructeur d’avions au monde, un leader technologique dans de multiples domaines et un moteur économique pour l’Allemagne et la France.

Cela nous montre clairement une chose : nous ne pouvons pas laisser le champ libre à ceux qui propagent la peur et refusent le progrès. Il nous faut l’esprit de l’innovation, la volonté du progrès et le courage de la coopération entre l’Allemagne et la France. C’est précisément de cela que le Traité de l’Élysée est le synonyme, et c’est le signal qui est lancé aujourd’hui.

Ces derniers temps, nous avons beaucoup parlé de situations de crise en Europe, et nous avons moins parlé de visions d’avenir pour l’Europe. Nous posons aujourd’hui un geste fort pour que les visions d’avenir reviennent au centre et pour ouvrir un prochain chapitre dans l’histoire du succès franco-allemand.

Nous sommes face au plus grand défi de tous les temps, y compris du point de vue technologique. Avec le passage au numérique, nous vivons l’une les plus grandes phases d’innovation de l’histoire de l’humanité, et une véritable révolution de fond pour l’économie et la société. Elle s’accompagne d’une compétition nouvelle à l’échelle mondiale, non seulement des entreprises, aussi des régions du monde avec les nouveaux centres de pouvoir aux États-Unis et en Asie. Il n’est pas encore établi définitivement qui sortira gagnant de cette compétition. Une chose cependant est claire : celui qui ne passe pas complètement au numérique aura perdu. C’est pourquoi le passage au numérique est l’épreuve ultime pour le projet visant à assurer la prospérité de l’Europe. Seules les deux plus grandes économies européennes, la France et l’Allemagne, agissant de concert, peuvent réussir cette épreuve.

Nous nous sommes d’ailleurs déjà mis à l’œuvre. Je citerai l’exemple de la conduite automatisée et connectée. La toute grande majorité des brevets pour cette technologie d’avenir viennent d’Europe, et plus précisément de France et d’Allemagne. En tant qu’ancien ministre fédéral des Transports, j’ai lancé avec mon homologue français la première zone de test numérique transfrontalière pour la conduite automatisée, entre Merzig et Metz. Sur ce parcours, nous mettons en situation réelle, dans le trafic, les technologies élaborées en laboratoire. C’est un projet unique à l’échelle transfrontalière. Ce faisant, nous nous assurons le leadership en matière d’innovation, y compris dans une technologie si essentielle.

La prochaine avancée en matière d’innovation sera l’intelligence artificielle. Celle-ci constitue une révolution fondamentale pour notre industrie et pour la manière de gérer et de produire. Dans ce domaine également, je veux que nous arrivions, en Europe, que l’Allemagne et la France arrivent à prendre le leadership. C’est pourquoi nous avons conclu un accord en vertu duquel nous voulons, ensemble, France et Allemagne, créer un centre de recherche pour l’intelligence artificielle.

Ce sont des institutions transfrontalières qu’il nous faut pour conserver, en tant qu’Européens, notre première place dans le monde, tant du point de vue technologique qu’économique, et pour prendre part à la compétition avec le monde. Nous voulons que les emplois et la création de valeur du futur ne naissent pas seulement dans la Silicon Valley ou en Chine, mais aussi chez nous – à Bordeaux, à Munich, à Strasbourg, à Sarrebruck. Nous réalisons un Airbus du numérique, nous réalisons ce centre de recherche pour l’intelligence artificielle.

C’est en Europe, chers collègues, que se décide notre avenir économique, mais aussi l’avenir de notre société. Tel est l’esprit du renouvellement du Traité de l’Élysée entre la France à l’Allemagne. Je veux dès lors dire merci à tous nos collègues de l’Assemblée nationale, à mes collègues du Bundestag et, surtout, à toutes les femmes et tous les hommes qui, chaque jour, entretiennent cette amitié, en France comme en Allemagne.

Monsieur Wolfgang Schäuble, président :

La parole est à M. Achim Post, du groupe parlementaire SPD.

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