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Intervention de M. Gauland, président du groupe AfD, le 22 janvier 2018 à Berlin

Monsieur Alexander Gauland (AfD) :

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, chers invités français, chers collègues, les 55 ans du Traité de l’Élysée, ce n’est pas une date extraordinaire, ni même un jubilé, qui justifierait toute cette pompe, ici même, et ensuite à Paris.

Mais, Mesdames et Messieurs du CDU/CSU, du SPD, du FDP et des Verts, ce qui vous importe, ce n’est pas ce Traité, ni même la réconciliation franco-allemande. Ce qui vous importe, c’est de saisir arbitrairement une occasion pour inaugurer les États-Unis d’Europe proclamés par M. Schulz. À cette fin, vous instrumentalisez un événement et le nom d’un grand Français pour des objectifs qui étaient contraires aux siens. Car, chers collègues, s’il y a une chose que de Gaulle ne voulait pas, c’étaient les États-Unis d’Europe. Il croyait aux nations, à la grande nation française, d’abord, et puis à la grande nation allemande. Lors de sa fameuse visite en Allemagne en 1962, il déclara, sur la place du Marché de Bonn – où, tout jeune homme, il me fut permis d’être présent :

Quand je vous vois tous réunis ainsi autour de moi, quand je vous entends, je ressens plus fortement que jamais, l’estime et la confiance que j’éprouve pour votre grand peuple – oui, pour le grand peuple allemand.

Vous tous qui êtes assis ici, Mesdames et Messieurs, vous n’oseriez plus dire cela – sauf nous.

Aussi, cette réunion du parlement, qui se transforme pourtant bien en une cérémonie, est-elle une mascarade. Ça commence avec la non-admission aux préparatifs pour deux groupes parlementaires de cette assemblée, et ça continue avec ce déplacement inutile à Paris, auquel bien sûr nous ne participerons pas. Et, Mesdames et Messieurs, nous ne voterons pas non plus une résolution qui a été adoptée par-dessus nos têtes.

On pourrait certes souscrire à certains éléments de la proposition de résolution de La Gauche. Mais, dans l’ensemble, nous la rejetterons également.

Oui, Mesdames et Messieurs, le Traité de l’Élysée avait et a une noble cause : la réconciliation de deux peuples rivaux depuis la fin du Moyen-Âge. Et oui, nous, AfD, nous voulons cette réconciliation, mais telle que de Gaulle l’a voulue : en tant qu’alliance des nations, et non en tant qu’Europe supranationale.

De Gaulle était un patriote passionné, qui voulait que son pays et son peuple soient à nouveau les plus grands et les plus forts en Europe, ce qu’ils n’avaient plus été depuis Waterloo. Il chercha, pour la grandeur française, le soutien politique et économique de l’Allemagne. Lorsque ce calcul fut mis en échec par la querelle opposant atlantistes et gaullistes à Bonn, qui fut réglée par l’ajout au Traité d’un préambule qui soulignait l’unification de l’Europe, en y admettant la Grande-Bretagne, et l’association avec les États-Unis, de Gaulle fut profondément déçu, et le Traité de l’Élysée disparut pour longtemps dans les tiroirs de la diplomatie. Mesdames et Messieurs, si vous le détournez aujourd’hui pour en faire une charte sur une Europe supranationale, il est peu probable que les Polonais, les Hongrois et les Tchèques vous suivent sur cette voie. Mais l’amitié franco-allemande est trop importante, pour l’AfD comme pour moi, pour en faire un instrument et un ferment de division pour l’Europe.

Je vous remercie.

 

Monsieur Wolfgang Schäuble, président :

La parole est à M. Christian Lindner, président du groupe FDP.

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