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Intervention de M. Jung, CDU/CSU, le 22 janvier 2018 à Berlin

Monsieur Andreas Jung (CDU/CSU) :

Messieurs les Présidents, chers collègues du Bundestag allemand et de l’Assemblée nationale, Mesdames, Messieurs, vous venez de dire, en ouverture de cette réunion extraordinaire, Monsieur le Président Schäuble, qu’aujourd’hui était le jour des parlements. Je reprendrai votre propos et je veux dire qu’aujourd’hui est, à mes yeux, un jour historique pour nos parlements. Tel est le cas parce que ce qui se dessine, c’est qu’une grande majorité au Bundestag allemand tout comme, cet après-midi, à l’Assemblée nationale va se prononcer pour renouveler notre partenariat, pour lui donner une nouvelle impulsion et pour mettre sur les rails un nouveau Traité de l’Élysée.

Si l’on considère notre histoire, on constatera que tout cela n’a rien d’une évidence. Il y a 55 ans, ce fut d’abord un projet de deux hommes d’État, Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, qui ont connu l’un et l’autre les deux guerres mondiales et vu les souffrances répandues par ces guerres sur les deux nations, qui se sont rencontrés et ont gagné la confiance l’un de l’autre, et qui ont décidé, ensemble, qu’ils voulaient ouvrir un nouveau chapitre pour leurs deux pays et faire avancer l’Europe par leur action commune. – Cette décision fut approuvée dans les deux pays, mais elle suscita aussi la méfiance et le scepticisme, y compris au Bundestag. Lors de la ratification du Traité de l’Élysée, les députés du Bundestag allemand y ajoutèrent un préambule qui accordait une place toute particulière, à côté de l’affirmation de l’amitié avec la France, à la coopération avec les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Si nous repensons à cette situation aujourd’hui, 55 ans plus tard, force est de constater que le partenariat transatlantique est mis en cause et que les Britanniques veulent quitter l’Union européenne. Pour moi, il n’en est que plus évident que ce qui est fondamental pour nous, c’est l’amitié franco-allemande, notre moteur pour l’Europe.

Je suis convaincu qu’il est d’autant plus facile, aujourd’hui, d’emprunter ensemble cette voie qu’au cours de ces 55 dernières années, ce qui était le projet d’hommes et de femmes d’État est devenu un projet des gens, dans lequel les citoyennes et les citoyens d’Allemagne et de France ont mis leur cœur, à travers 2 200 jumelages, par les multiples échanges, interactions et amitiés. Le président de Rugy l’a dit tout à l’heure, et je pense qu’on ne pourrait pas mieux exprimer les choses : nous sommes devenus une famille. Merci beaucoup pour ces paroles, Monsieur de Rugy.

Je pense qu’il est tout à fait singulier que notre séance d’aujourd’hui ne soit justement pas une cérémonie à laquelle un hôte français prend la parole, mais que nous ayons un débat parlementaire en ouverture duquel le président de l’Assemblée nationale s’est adressé à nous. C’est cela aussi la marque distinctive de cette proximité, de cette particularité des relations franco-allemandes, que viendra compléter tout à l’heure le discours de notre président du Bundestag à l’Assemblée. Nous ne voulons nous en tenir à cet événement sans précédent, puisque nous proclamons dans cette résolution que nous voulons mettre en œuvre avant l’année prochaine un accord parlementaire franco-allemand – une sorte de Traité de l’Élysée des parlements –, dans lequel nous nous promettons et nous convenons que nous entretiendrons la collaboration la plus étroite, que nous appliquerons désormais ensemble, au mieux des possibilités, le droit européen, et que nous nous engageons à soutenir un échange des plus intenses entre les commissions spécialisées et toutes les instances du parlement. Je trouve que cela aussi, c’est une avancée décisive.

Que l’on parvienne, un jour comme aujourd’hui, à adopter – comme prévu – une résolution soutenue par neuf groupes parlementaires, à savoir cinq groupes de l’Assemblée et quatre groupes du Bundestag, c’est, je le crois, un résultat extraordinaire.

Nous avons entendu aussi que tous les groupes parlementaires de ce parlement ne soutiennent pas cette résolution. Chaque groupe est libre de soutenir des initiatives parlementaires, de lancer leur propre initiative, comme le font les députés de La Gauche avec leur proposition, parce qu’ils affirment voir les choses autrement en Europe, ou de ne proposer aucune initiative, comme le groupe AfD, qui n’a soumis aucune proposition parlementaire, ni en amont de cette séance, ni aujourd’hui. C’est votre droit le plus strict, mais si vous n’avez rien fait, ne venez pas vous en plaindre auprès des autres.

Sur le fond, il me tient à cœur de souligner, Monsieur Gauland et Madame Weidel, que nous, qui soutenons cette initiative, nous aimons notre pays, très certainement autant, sinon plus, que vous prétendez l’aimer. Mais nous, nous partageons une conviction, selon laquelle la réponse aux défis de la mondialisation ne se trouve pas dans le nationalisme, dans le protectionnisme ni même dans le retour au deutsche mark, Madame Weidel, mais dans des initiatives communes et dans la convergence européenne.

– Je voudrais vous rappeler, Monsieur Baumann, que jusqu’à présent, dans ce débat, il y a eu deux orateurs qui ont utilisé les expressions de super-État européen et d’États-Unis d’Europe, et qu’il s’agit des deux députés qui sont assis devant vous. Ce qui nous importe, donc, c’est de faire preuve de capacité d’action en Europe, et d’apporter des réponses à des questions cruciales.

C’est ce que nous faisons, notamment, dans le chapitre de la résolution où nous préconisons la coopération dans les régions frontalières: faire tomber les barrières, rendre l’Europe perceptible, mieux apprendre les langues, rapprocher les gens, les entreprises qui peuvent être actives des deux côtés de la frontière et les demandeurs d’emploi qui peuvent travailler sans rencontrer d’obstacles dans l’autre pays. L’Europe doit être visible sur le terrain. Nous voulons des améliorations concrètes pour les gens – y compris en matière de protection du climat, où nous voulons lancer des initiatives pour la création de stations de recharge pour les voitures électriques et de réseaux d’énergie transfrontaliers. Tout cela, nous voulons le mettre en œuvre concrètement.

Je remercie tout particulièrement pour leur collaboration au sein du groupe d’amitié mes collègues Post, Link, Franziska Brantner, Jürgen Hardt, et tous ceux qui ont apporté leur contribution. Merci beaucoup ! Nous continuerons d’œuvrer avec passion pour l’amitié franco-allemande.

Monsieur Wolfgang Schäuble, président :

La parole est à Mme Frauke Petry.

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