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Propos de bienvenue de M. Wolfgang Schäuble, Président du Bundestag allemand, le 22 janvier 2018 à Berlin

Bonjour, chers Collègues ! Veuillez vous asseoir.

1.    Discussion au titre de l’annexe 5 du Règlement du Bundestag

55e anniversaire du Traité de l’Élysée

Chers collègues de l’Assemblée nationale et du Bundestag allemand, Aujourd’hui est le jour des parlements. Nous allons débattre au sein des parlements, à Berlin et à Paris, d’une résolution née de la seule initiative parlementaire.

Nous savons qu’il nous faut des gouvernements – Des gouvernements élus, et pas seulement en affaires courantes. Le Parti social-démocrate d’Allemagne a approuvé lors de son congrès d’hier l’ouverture de négociations de coalition. Les citoyennes et les citoyens en Allemagne attendent qu’un gouvernement ayant une pleine capacité d’action soit rapidement mis sur pied, après maintenant quatre mois depuis les élections législatives, mais il n’y a pas qu’eux. C’est aussi, et surtout, une attente de nos amis et partenaires en Europe et dans le monde.

Nous allons débattre aujourd’hui d’une résolution de l’Assemblée nationale et du Bundestag allemand écrite dans les mêmes termes, et je salue à cet égard les membres de la délégation du parlement français, emmenée par son président, M. François de Rugy. Nous vous souhaitons cordialement la bienvenue !

C’est un honneur pour nous que vous assistiez à notre débat. Notre séance d’aujourd’hui n’est pas une cérémonie, c’est un débat. L’occasion en est cependant particulière, et c’est pourquoi nous sommes convenus de demander à M. le président de Rugy de s’adresser à nous, au cours de notre séance. À mon tour, j’aurai l’occasion, cet après-midi, à Paris, où nous serons invités avec une délégation du Bundestag, de m’adresser à nos collègues français. Je vous remercie, cher François de Rugy, de prendre ici la parole devant nous, dans quelques instants.

Cette visite réciproque serait presque déjà une tradition, après la séances conjointes des deux assemblées, à Versailles en 2003 et ici, à Berlin, en 2013. Elle n’est pourtant pas une évidence. Elle est l’expression des relations tout à fait singulières entre nos deux pays. C’est un 22 janvier que le Traité de l’Élysée a été signé, à Paris – c’était en 1963 – et cet événement à changé les relations politiques entre l’Allemagne et la France. Il les a changées de façon heureuse.

Mais le monde change aussi, sans arrêt, et avec lui, ce sont les défis posés à nos deux pays qui évoluent. C’est pourquoi nous saisissons l’occasion donnée par ce 55e anniversaire pour, ensemble, étendre les bases de notre étroite collaboration. La résolution qui a été élaboré en ce sens ces dernières semaines prend en considération les différents acteurs de l’amitié franco-allemande. Pour nous, parlementaires, elle nous impose un devoir, et elle exhorte les gouvernements à prendre leurs responsabilités. Les deux sont nécessaire, car deux États ont une mission particulière au sein d’une Europe de plus en plus intégrée. Nous sentons les attentes qui sont dirigées vers nous – notamment de la part de nos voisins. Nous n’oublions pas par ailleurs quels sont les fondements véritables de notre partenariat. Ce sont les contacts étroits dans la société civile : dans les régions frontalières, dans les jumelages entre nos villes, dans l’Office pour la jeunesse et dans les innombrables associations franco-allemandes. Ces contacts nous ont permis d’abord de nous rapprocher aussi politiquement. Il fallait pour cela, après l’époque des guerres mondiales dévastatrices, des femmes et des hommes intelligents, courageux, qui ont aidé à aller l’un vers l’autre.

L’un d’eux était Joseph Rovan. Il est né il y a 100 ans, à Munich, sous le nom de Joseph Rosenthal – c’était en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, la Grande Guerre, comme disent encore nos amis français. Plus tard, devant la montée du national-socialisme, il trouva en France un refuge – et une nouvelle patrie. Dans la Résistance, Rovan combattit pour la liberté, et il survécut à la déportation au camp de Dachau. Lui, le Français aux racines allemandes, il devint professeur d’université à Paris, voici 50 ans, en 1968, et il enseigna l’histoire et la politique de l’Allemagne. Nous sommes redevables envers les nombreuses et grandes figures de la réconciliation. Parmi elles, Joseph Rovan a apporté une contribution essentielle pour que les ennemis deviennent des amis, et si nous débattons aujourd’hui de cette résolution commune, c’est aussi dans l’esprit d’un homme comme lui. Car nous savons ce que nous enseigne l’histoire, naturellement, mais nous voulons façonner notre futur commun, ainsi que l’a exprimé Joseph Rovan par cette formule concise, lorsqu’il a écrit au sujet des Allemands et des Français au seuil du XXIe siècle : « Deux peuples, un avenir ». Aujourd’hui, dans le contexte de la mondialisation, un constat est plus pertinent que jamais, pour la France et pour l’Allemagne : cet avenir, notre avenir commun, est en Europe !

Monsieur le Président, cher collègue, cher François de Rugy, vous avez la parole. – La parole est au président de l’Assemblée nationale française.

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